FLOĒ

Graphiste de formation, Floe a toujours laissé une place essentielle au dessin. Elle développe un travail esthétique en recherchant une perfection grahique. Elle déconstruit ce que l’enseignement académique lui a apprit, en joignant sens du détail et spontaneïté du premier trait.
Dans sa performance photographique “Kill the Prince Charming”, Floe se met en scène et interroge les contes de fée traditionnels. Lorsque cette cendrillon laisse tomber sa grenouille coiffée d’une couronne, ce n’est pas un Ken musclé aux dents blanches qui apparaît, mais un amphibien en mille morceaux. Avec Floe le ton est donné, son univers est plus proche des pin-up de Tex Avery que de l’Aurore endormie.

L’artiste nous offre à voir ces pépettes puissantes, généreuses, aux facettes multiples, à la fois fragiles et fortes, disgracieuses et sexy, farouches et provocantes, gaies et torturées… On les croise souvent dans des espaces trop étroits, à l’image des femmes d’aujourd’hui, tour à tour mère, soeur, business-woman, femme fatale, ou simplement madame tout le monde, mais toujours héroïques et tentant de s’adapter à leur environnement.

C’est à Paris que Floe rencontre des graffeurs qui l’amène à faire ses premières armes dans la rue. Installée à la Réunion depuis 2011, elle multiplie les rencontres artistiques. On la retrouve notamment aux côtés de Niark1 en live au Kabardock avec sa femme à tête de chien. Dans l’exposition collective à la Galerüe, on découvre sur les murs d’un appartement, une bimbo masquée au pied coupé, une demoiselle aux trois seins ou encore une nana dégoulinante entre deux fenêtres. Et dans ce restaurant, il y a cette gonzesse curieuse qui se délecte de chaque parole des clients.

Plusieurs festivals font appel à elle pour réaliser leurs affiches, Danse Pei, où Floe réalise aussi une fresque à l’image de la marque Perrier, en proposant une bonne femme aussi ronde que leur célèbre bouteille. La Bèl Parol placarde également une affiche colorée où deux nanas sont en plein battle. Cette année Floe réalisera deux lives, un sur le Manapany Festival, l’autre sur le Sakifo, et deux conteneurs y seront présentés au public.
La marque Fischer fait également appel à l’artiste pour réaliser sa campagne sur le thème tropical avec la contrainte de ne pas faire figurer de personnage, Floe détourne alors la consigne et dissimule une bonne femme dans le feuillage des 4X3.

Floe continue également à produire des fresques en plein air. Lors du Porlwi Festival à l’Ile Maurice, l’artiste est invitée par le FRAC Réunion aux côtés d’artistes internationaux. Elle y dépose une fresque conséquente, une donzelle au parapluie. Dans les quartiers du Port, Floe peint aux côtés de Jace, Seth et Méo lors du temps fort du street art “Ville Musée”.

De janvier à juin 2019, l’artiste a participé à l’exposition collective “Partage” au Musée Stella Matutina autour du graphisme. Elle a été également en résidence aux Rencontres Alternatives où elle teste les encres végétales. Cette été, le festival Urban Art Jungle à Lyon la sollicite pour réaliser une fresque durant trois jours. Dernièrement, elle expose au Spectrum Miami, foire satellite de l’Art Basel Miami, un des plus grands salons de l’art contemporain au monde. Une future exposition se profile en avril 2020 à New York et pour finir une résidence d’un mois sur le thème des femmes réunionnaises en mai à Lyon.

Floe interroge des espaces différents, en passant de l’intérieur à l’extérieur, en changeant les supports… Toujours à la recherche de nouvelles expériences !

ACTE DE RUE FLOĒ

Moi !
Je ne suis pas plus qu’un bout de carton ;
Vous savez, un de ceux qui servent d’emballage :
Pour ordinateur, téléviseur ou bibelot en porcelaine…
Puis, quand on a plus besoin de moi
Eh bien, on me jette au coin d’une rue
Ou au dessus d’une benne à ordure.
“Impropre à la consommation” comme ils disent.
Mais aujourd’hui, j’ai de la chance.
J’ai rencontré celle qui arpente les rues
La belle s’arrête devant moi
Et m’ausculte sous tous les angles.
Aujourd’hui, elle m’a offert les attributs les plus somptueux
Elle a fait de moi son oeuvre d’art
M’honorant de la plus belle des Galeries, la Rue.
 
Texte : Jonzo Johan